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  Le Monstre du Loch Ness
 
Le "monstre" du Loch Ness et les monstres lacustres 

 

    Le Loch Ness est un lac d'Ecosse rendu mondialement célèbre par son hôte mystérieux, un "monstre" aquatique, familièrement surnommé "Nessie".

    Bien qu'il y ait eu quelques vagues témoignages antérieurs, c'est surtout à partir de 1933, lorsque fut construite une route longeant le loch, que les rapports sur un animal inconnu de grande taille se multiplièrent. Le lac mesure environ 39 km de long, près de 2 km dans sa plus grande largeur, avec des fonds de plus de 200 mètres. Son énorme masse a pour conséquence une inertie thermique qui explique que le lac ne gèle jamais.

 Quelques témoignages

 - En août 1933, Mrs. M. F. MacLennan eut l'occasion d'observer le monstre à terre, près de Foyers :
"Il avait des pattes courtes, épaisses, mais bien des pattes quand même, avec une sorte de sabot comme celui d'un porc, mais beaucoup plus grand. [...] Il ne semblait pas avoir d'oreilles, mais croyez-moi il peut entendre. Il se dressa sur ses deux pattes antérieures (il avait quatre pattes), puis il glissa de la falaise (il n'était qu'à 6 pieds [1,80 m] de l'eau et devait avoir grimpé comme un singe pour être arrivé là où il était). Il ne s'est pas levé comme, disons une vache. Il gardait les pattes postérieures sur le sol comme un phoque." (d'après Maurice Burton 1961).

    - Marjory Moir, d'Inverness, observa le monstre depuis la route bordant le loch en octobre 1936 :
" [...] la longueur nous sembla être de 30 pieds [9 m]. Il y avait trois bosses, celle du milieu étant la plus grande, celle derrière le cou la plus petite. Le cou était long et mince, la tête petite et sans détails visibles. Très souvent la tête plongeait dans l'eau comme si la créature se nourrissait, ou peut-être ne faisait-elle que s'amuser." (d'après Constance Whyte 1957).

Analyse cryptozoologique
Les témoignages très nombreux qui se sont accumulés sur plusieurs décennies décrivent un animal de plusieurs mètres de long, avec une petite tête, un long cou, un corps massif avec deux ou trois bosses. La description des membres et de la queue, rarement observés, ne fait pas l'unanimité, mais l'animal semble avoir deux membres antérieurs transformés en palettes natatoires, et deux membres postérieurs formant comme une queue, ou 4 pattes et une longue queue selon d'autres témoignages. La présence de poils est souvent rapportée, que ce soit sous forme de fourrure, d'une crinière sur le long cou, ou de moustaches. On a également signalé à plusieurs reprises des "cornes", parfois comparées à des cornes d'escargot, sur la tête. L'animal se déplace, parfois très rapidement, par ondulations dans le plan vertical. Il a été observé à terre à plusieurs reprises.

    En 1965, Bernard Heuvelmans a émis l'hypothèse que le monstre du Loch Ness est une espèce inconnue de pinnipède, une sorte d'otarie à long cou, dont il a tracé le portrait-robot dans son ouvrage sur le Grand-Serpent-de-Mer, et qu'il a nommée Megalotaria longicollis (figure 2). Il a également suggéré que les prétendues "cornes" pourraient s'expliquer par des tubes respiratoires. Heuvelmans a fait remarquer que l'on signale des créatures répondant au même portrait-robot dans d'autres lacs d'Ecosse, d'Irlande, d'Islande, de Suède (lac Storsjö), de Sibérie, de Chine, du Japon, des USA (lac Champlain) et du Canada, ainsi que de l'hémisphère sud : Argentine (lac Nahuel Huapi), Afrique du Sud et Australie. Tous ces lacs présentent des ressemblances morphologiques (ce sont souvent d'anciens fjords coupés de la mer), et climatologiques (ils sont situés de part et d'autre de la ligne isotherme 10° C).

 


Figure 2 : portrait-robot de Megalotaria longicollis
(dessin © Stefano Maugeri, Gruppo Criptozoologia Italia)

    Toutefois, divers éléments s'opposent à l'existence dans le Loch Ness d'une population de grands animaux encore inconnus de la science :

  • Du fait de la saturation des eaux en tourbe, la photosynthèse est extrêmement faible au Loch Ness, privant ainsi la chaîne alimentaire de son point de départ. La biomasse connue (la production de matière vivante, et donc les ressources alimentaires disponibles) est très insuffisante pour assurer la nourriture d'une population viable de grands prédateurs (plusieurs dizaines d'adultes pour maintenir une certaine diversité génétique, pesant plusieurs tonnes d'après leurs dimensions).
  •  L'expédition Deepscan a passé le loch au peigne fin au moyen d'une flottille de bateaux équipés de sonars qui ont parcouru le lac dans sa longueur : or, elle n'a relevé que 2 ou 3 échos non-identifiés, qui peuvent d'ailleurs trouver une explication prosaïque (troncs d'arbres, etc.), ce qui démontre qu'il n'y a pas de population inconnue.
  • Le nombre d'observations est très inférieur à ce que l'on peut attendre d'un animal respirant en surface comme un reptile ou un mammifère. Si l'on considère que l'animal effectue des apnées d'une heure, ce qui serait déjà considérable, il y aurait 24 venues à la surface par jour, soit 2400 pour une population d'une centaine d'individus, et 876 000 dans une année. Or, malgré le nombre de personnes résidant dans les parages, les nombreux touristes, armés d'appareils de photographie et de caméras, sans compter les web cams désormais en faction permanente, on n'enregistre qu'une poignée de témoignages par an, en y incluant ceux dont la nature animale reste à démontrer (observation d'une vague sans vent).

 

    Pour autant, le nombre et la qualité de certains témoignages et leur cohérence globale, ne peuvent pas être rejetés aussi facilement. Mis à part quelques canulars retentissants, il est clair que la plupart des rapports sont fondés sur une observation réelle qui sort du cadre de référence habituel du témoin.
    On sait par ailleurs que des phoques (Phoca vitulina) pénètrent en moyenne une fois tous les deux ans dans le loch, en venant de la mer par la rivière Ness. Williamson (1988) a donc suggéré que le monstre du Loch Ness pourrait s'expliquer par la présence occasionnelle de ces phoques, dont plusieurs ont été photographiés voire capturés. De même, il arrive que des loutres viennent séjourner dans le loch ; leur allure n'est pas sans rappeler celle d'un plésiosaure, auquel on identifie souvent le monstre, au point que Maurice Burton avait même proposé à un moment que le monstre du Loch Ness était une loutre géante inconnue.

    Toutefois, les dimensions prêtées au monstre du Loch Ness, comme la mention quasi unanime d'un long cou, montrent que ces hypothèses sont insuffisantes pour rendre compte du dossier.
    C'est ici qu'intervient une autre hypothèse, avancée par Lehn en 1979, la réfraction atmosphérique : ce phénomène optique, commun sous ces latitudes, et qui s'apparente à un effet de mirage, entraîne une déformation et un allongement des images (Lehn 1979).

    La conclusion la plus probable, jusqu'à preuve du contraire, est donc que les témoignages valables sur le monstre du Loch Ness sont en réalité des observations de phoques et de loutres occasionnellement fourvoyés dans le loch (expliquant ainsi les dissensions sur le nombre de membres et l'aspect de la queue), et déformées par le phénomène de réfraction atmosphérique.



 

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